Le VIRAGE HUMAIN

Accueil > 04 - Les Dossiers > La SECU à 70 ans en 2015 > VI - La retraite

VI - La retraite

jeudi 24 septembre 2015, par Lolo

La retraite, ce n’est pas seulement une affaire d’équilibres financiers, c’est d’abord, un enjeu de société.
Les hommes et les femmes ne sont pas que des producteurs de plus-value, destinés à être mis à l’écart, à moindre coût, dès qu’ils ne sont plus « rentables ».
La vie continue après la sortie du travail.
Pour tous les besoins perdurent et, pour beaucoup, l’activité elle aussi se prolonge, mais hors du salariat.

Cette approche globale, politique et économique est celle de la CGT, depuis toujours.
C’était aussi celle des constructeurs de la Sécurité sociale lorsqu’ils ont conçu un nouveau système de retraite.
Il s’agissait d’organiser un mécanisme universel, prenant sa place dans la construction d’une société plus juste et solidaire.

La CGT propose de revenir à ces valeurs et à ces objectifs, c’est le sens des revendications qu’elle défend.

Pour défendre la retraite, il faut en même temps se battre pour les conditions qui feront la qualité de cette retraite : le niveau des salaires, les conditions de travail avec prise en compte de la pénibilité, l’égalité femmes-hommes.

La retraite avant la Sécurité sociale.

En dehors, du régime par répartition des fonctionnaires, les mécanismes de retraite mis en œuvre dans le secteur privé au cours de la première moitié du 20e siècle, basés sur le principe d’une assurance individuelle largement financée par capitalisation, s’étaient effondrés.
En outre, ils ne touchaient qu’une partie de la population et procuraient des pensions très faibles.

Les ressources des retraités dépendaient davantage de l’assistance, publique ou familiale, que du système des retraites.
Les salariés qui avaient survécu aux difficiles conditions de travail vivaient leur retraite dans la pauvreté.

1945 : les bases pour un vrai progrès social

La retraite de la Sécurité sociale s’est inscrite dans une perspective et sur des principes radicalement différents.

Le nouveau système est financé par répartition et assure la solidarité entre les professions et les générations.

En 1945, la retraite est fixée à 65 ans, avec un taux de remplacement de 20% pour trente années de carrière, appliqué sur les dix dernières années.
A partir de cette base, le régime va progresser régulièrement, passant à un taux de remplacement de 50% pour 37,5 années de carrières appliqué aux dix meilleures années.
En 1982, l’âge d’ouverture est abaissé de 65 à 60 ans.

Dans le même temps, les cotisations ont augmenté progressivement de
manière à garantir les droits nouveaux.

En une quarantaine d’années, la France a, grâce à la retraite de la Sécurité sociale, largement amélioré la situation des travailleurs âgés et, pour une grande majorité, les a sortis de la pauvreté.

Des remises en cause et des luttes

A partir du milieu des années 80 interviennent des remises en causes.

Les réformes vont, les unes derrière les autres, réduire les droits à retraite : indexation défavorable sur les prix, passage des dix aux vingt meilleures années, allongement par étapes successives de la durée d’assurance (de 150 à 172 trimestres), report des âges d’ouverture (60 à 62 ans) et du taux plein (65 à 67 ans), gel des pensions, réduction des cotisations employeurs et augmentation de celles des salariés.

L’allongement de la durée de vie constitue une formidable nouvelle, et le mécanisme mis en place en 1945 s’inscrivait dans cette heureuse perspective.

Les gouvernements, depuis 1993, gèrent ce progrès comme s’il s’agissait d’une calamité !
Réduire les retraites est leur obsession.

La caractéristique de ces atteintes aux valeurs et aux principes posés à la création de la retraite de la Sécurité sociale est qu’elles sont « potentielles » au moment où elles sont décidées.
Leurs effets négatifs ne se font sentir que sur le long terme.
Cela ne facilite pas leur pleine compréhension et rend plus difficile la lutte syndicale.
Pour autant, c’est sur la question des retraites que se sont déroulées les luttes les plus massives et les plus déterminées au cours de ces vingt dernières années.

Cela prouve l’attachement de la population française au système de retraite hérité de la construction de la Sécurité sociale en 1945.

1945/2015 : même combat

Notre système de retraite avec ses valeurs de solidarité, de promotion de la citoyenneté, de liberté et de démocratie reste à même de répondre au défi de la société d’aujourd’hui.

Nos concitoyens du 21e siècle ne conçoivent pas la retraite comme l’antichambre de la mort, comme une phase de transition qui devrait être économiquement la moins coûteuse possible.
La retraite est une période de la vie désormais espérée, perçue et vécue comme active, mais libérée du lien au travail.
C’est à la fois un droit à percevoir des moyens de vivre dignement et la possibilité d’apporter sa contribution à la vie de la société dans son ensemble.

Si les réformes successives ont dégradé une partie des droits à retraite, sur les âges, la durée et l’indexation notamment, elles n’ont pas réussi à saper les bases du système hérité de 1945.
La répartition reste le mécanisme essentiel, le niveau de vie des retraités est devenu proche de celui des actifs.

Les luttes syndicales, dans lesquelles la CGT a toujours été au premier rang ont permis de conserver ce précieux acquis.
Pour autant, la pression européenne, avec des gouvernements majoritairement réactionnaires, ne va pas cesser et les dernières réformes n’ayant pas encore produit tous leurs effets régressifs.

La vigilance est donc indispensable et la mobilisation sera de nouveau nécessaire.

Brochure à télécharger : les 70 ans de la SECU...