Le VIRAGE HUMAIN

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VII - Comment « soigner » notre système de santé ?

lundi 28 septembre 2015, par Lolo

Aujourd’hui la médecine de ville et l’hôpital ne répondent plus à des besoins qui ont évolué.

Depuis 1945, l’objectif principal du système de santé était la réparation, tandis que la prévention était laissée pour compte.
Aujourd’hui, près de 60% des dépenses de la Sécurité sociale concernent les maladies chroniques dans lesquelles le problème n’est plus de guérir mais de maintenir le meilleur état de santé le plus longtemps possible.

Cette nouvelle situation nécessite une autre organisation avec de véritables médecins traitants coordonnant une prise en charge globale, médicale, psychologique et sociale.
Le lien avec le travail est également essentiel car ses conditions actuelles sont souvent à l’origine de dégradations de l’état de santé.
Pour ne citer que quelques exemples : le stress, facteur de risque de l’hypertension artérielle, les postures inadaptées avec les troubles musculo-squelettiques, les risques psychosociaux avec notamment les dépressions et les suicides…

Le constat actuel montre que nous manquons de médecins généralistes qui doivent être les pivots du système.
Un mode d’exercice regroupé dans des centres ou maisons de santé, avec une juste répartition sur le territoire et un autre mode de rémunération sont indispensables.
Il est clair notamment qu’une prise en charge globale implique un mode de rémunération forfaitisé, voire salarié.
Par ailleurs, seul un travail d’équipe avec d’autres professionnels de santé et du secteur social peut être efficace.
Ces propositions recueillent d’ailleurs l’adhésion des jeunes médecins.
Le deuxième niveau de prise en charge est l’hôpital public qui doit travailler en lien avec les structures de soins de ville, y compris avec du personnel partagé : les spécialistes hospitaliers assurent des consultations en ville, les systèmes d’hospitalisation à domicile sont gérés conjointement par l’hôpital et les structures de soins de proximité…

Pour assurer un fonctionnement efficace et surtout permettre une égalité de traitement sur l’ensemble du territoire, un maillage hospitalier est nécessaire depuis l’hôpital de proximité jusqu’au Centre Hospitalier Universitaire (CHU).
Ce maillage ne peut exister qu’en modifiant radicalement le fonctionnement médical hospitalier.
Le meilleur exemple est la chirurgie ambulatoire qui doit être organisée dans les structures de proximité avec les chirurgiens qui se déplacent tandis que l’hôpital de référence du territoire et le CHU prendront en charge les pathologies plus complexes qui nécessitent un plateau technique plus fourni.
Cette gradation de la prise en charge est efficace humainement mais aussi au niveau économique !

Nous revendiquons une Sécurité sociale de haut niveau avec des prises en charge par le régime obligatoire répondant réellement aux besoins en termes de remboursements des médicaments, des soins d’optique, de tous les frais dentaires, des audioprothèses, des dispositifs médicaux.
Nous dénonçons les déremboursements, les franchises, les dépassements d’honoraires car ils sont la double peine pour les plus malades.

Notre système de santé a besoin de réformes, mais il y a de bonnes et de mauvaises réformes.
Celles qui nous ont été proposées depuis maintenant près de trente ans sont sous-tendues par l’idéologie libérale du marché.
Avec la CGT, proposons des évolutions basées sur les valeurs de service public et de solidarité.

Brochure à télécharger : les 70 ans de la SECU...