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La brochure et l’info FD des 70 ans de la SECU

mardi 6 octobre 2015, par Lolo

La brochure confédérale "La SECU toujours une idée jeune"

Télécharger la brochure des 70 ans de la SECU...

Info Fédé n°844 d’octobre 2015 spécial 70 ans de la Secu

La Sécurité sociale est toujours une idée révolutionnaire.

Malgré toutes les attaques qu’elle subit depuis 70 ans,

elle reste une idée neuve, unique et solidaire.

Conférence de presse du FNPOS

Les « commémorations » officielles des 70 ans de la sécu ont débuté en mai.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a rendu hommage à « ce trésor national », tout en prétendant « adapter la sécurité sociale aux défis du 21e siècle ».
Sans aucun doute la poursuite de sa politique d’adaptation et de soumission aux desideratas du patronat.

Le vrai défi, celui auquel sont confrontés les salariés, c’est celui de la défense de la Sécu, sa reconquête, son développement.
En clair, la mobilisation contre ce gouvernement et tous les fossoyeurs de la Sécu.

Les ordonnances de création de la Sécurité sociale ont été promulguées en
octobre 1945.
Chômeur ou PDG, chacun a pu se soigner et accéder à l’hôpital public.
Les familles ont bénéficié des allocations familiales, et les travailleurs de
leur retraites.
Les fondateurs de la Sécu voulaient « libérer la classe ouvrière de la peur du lendemain.

La Sécu est au coeur de l’affrontement capital travail

Le patronat n’a jamais accepté une institution qui ponctionne ses profits, jamais accepté que « chacun cotise selon ses moyens et perçoive selon ses besoins », un principe qui préfigure partiellement un autre mode de répartition des richesses.
De 1953 (première tentative de réforme des retraites) à aujourd’hui
(loi santé Touraine), les différents gouvernements se sont fait les relais du
CNPF, puis du Medef.

Le droit à la santé a été rogné, les retraites réduites.
Les contre-réformes se sont à chaque fois heurtées aux mobilisations des salarié(e)s scandant « la Sécu, elle est à nous, on s’est battu pour la gagner on se battra pour la garder », Et si la Sécu existe toujours, c’est uniquement grâce à ces résistances.

Des principes fondamentaux pertinents

La Sécu s’est construite en 1945 sur des principes, qui malgré toutes les
attaques subies, gardent encore toute leur valeur.

L’universalité

« le but à atteindre est la réalisation d’un plan qui couvre l’ensemble de la
population du pays contre l’ensemble des facteurs d’insécurité » (Ordonnance du 4 octobre 1945).
Dès 1945 les salariés sont protégés contre des risques sociaux, maladies, maternité, invalidité, décès, accidents de travail et maladies professionnelles, famille...
L’ordonnance prévoyait même d’étendre la Sécu à « des risques ou prestations non prévus par les textes en vigueur ».

L’unicité

L’objectif d’une seule caisse, interprofessionnelle et pour tous les assurés, s’est heurté dès la création de la Sécu à l’opposition de plusieurs catégories.
Les agriculteurs, les professions libérales, les commerçants et artisans ont refusé d’intégrer la sécu des salariés et ont créé les régimes agricoles et celui des professions indépendantes.

L’uniformité

Contrairement aux assurances où les primes varient selon le contrat et la couverture choisis.

La sécu garantit le même niveau de contribution à chacun grâce aux cotisations en pourcentage du salaire avec des prestations identiques et les même niveau de remboursements et allocations, règles de calcul des pensions identiques.

Mais la multiplication des attaques depuis une quarantaine d’année, les déremboursements de médicaments, forfaits et franchises, modulation des allocations familiales non prise en charge de certains frais dans leur totalité, dépassements d’honoraires, tend à détruire ce principe de base.

Un tiers de la population doit renoncer à des soins (optiques, dentaires, etc.).

L’autonomie et la gestion par les salariés

La Sécu devait être indépendante : de l’État et du patronat.
Elle devait gérer elle-même son budget, constitué en 1945 quasi exclusivement par les cotisations sociales.
Ce principe connaît de sérieuses limites, car dès l’origine, le gouvernement et le Parlement décident du financement et des prestations.
Aujourd’hui, il n’y a plus de conseil d’administration dans les caisses primaires mais de simples conseils, le gouvernement contrôle tous les actes des organismes et peut refuser leur budget.
Le projet de loi Touraine va encore plus loin en voulant « renforcer l’alignement stratégique entre l’État et l’Assurance maladie ».
Pour les autres branches, les conseils d’administration n’ont gère plus de pouvoir.

Le financement socialisé

En 1945, les ressources de la Sécu provenaient en quasi totalité des cotisations sociales proportionnelles au salaire.
Avec les exonérations de cotisations patronales, sont financement diminue. _ Cette part du salaire, le salaire socialisé, est versé dans un pot commun (à l’URSSAF) et immédiatement redistribuée par les caisses sous forme de prestations pour répondre aux besoins sociaux.

Solidarité

Un mode de financement qui repose sur la solidarité, c’est pourquoi, sa remise en cause participe largement de la confusion autour d’un débat que l’on présente comme « technique » et qui est éminemment politique.

Laisser parader en ces temps de « festivités » les fossoyeurs d’un système qui aura largement concouru à tracer les contours d’un modèle social qui est au coeur de notre Pacte républicain est inacceptable.

C’est à peu de frais que le gouvernement et son cortège de mesures antisociales, talonné par un Medef qui ne sera jamais rassasié s’affiche aujourd’hui pour nous jeter à la figure une ultime provocation.

La CGT reprend aujourd’hui toute sa place.
Qui peut se targuer d’être plus légitime ?
Qui nourrit et entretien la mémoire du fondateur sorti de ses rangs ?
Qui se souvient encore d’Ambroise Croizat, Ministre du travail de 1945 à 1947 ?
Qui sait vraiment qu’il a été le Bâtisseur de notre sécurité sociale, qu’il était guidé par cette grande idée qu’il résume ainsi
« Désormais, nous mettrons l’homme à l’abri du besoin. Nous en finirons avec les angoisses du lendemain ! ».

Sortons un temps des discours polémiques stériles et des manoeuvres sournoises.
En ces temps où plus que jamais nous avons besoin d’un système de solidarité qui permette à chacun de vivre dignement nous devons profiter de cette date anniversaire pour rappeler à chacun ce que la sécurité sociale représente, ce qu’elle signifie et pourquoi il faut impérativement la préserver et la renforcer.

Plus que jamais ces principes restent d’actualité.
Le maintien et le développement d’une Sécurité Sociale de haut niveau doivent constituer, au XXIe siècle, les marqueurs de l’idée que nous nous faisons de la Civilisation.
Sa remise en cause dans le cadre de politiques d’austérités coordonnées au plan Européen préfigure la régression de toute la société.