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Le 14 juin, nous y étions - Le 23 et 28 juin, nous y serons

mercredi 22 juin 2016, par Lolo

Témoignage d’une camarade présente lors de la manif du 14 juin à PAris

"Je voulais faire un témoignage à chaud des événements d’hier pendant la manifestation parisienne surtout après avoir entendu ce matin les déclarations de Manuel VALLS.

Hier, à Paris il y avait énormément de monde, le décompte exacte est difficile à effectuer, certes, mais il y avait bien plus de manifestants que le 9 avril par exemple qui est mon dernier point de référence personnel.

Bref, l’accès à la place d’Italie a été très compliqué.
Notre car est sorti du périph et a emprunté des petites rues pour nous mener à 300 mètres du départ.
A notre arrivée, à 13 h 15 la manif était déjà partie depuis 3/4 d’heure (départ avancé à cause de l’affluence record).

La Savoie étant dans le début du cortège, plusieurs de nos camarades étaient en première ligne pour relater ce qui s’est passé, en recoupant avec les discussions en cours de cortège avec plusieurs déclarations de parisiens dégoûtés de la répétition du scénario et ce que j’ai vu aussi : les casseurs étaient présents en tête de cortège comme depuis le début du mouvement contre la loi travail, ils ont pu tranquillement briser les vitrines, et tout ce qui se trouvait sur leur passage, comme d’habitude.

Ensuite les forces de l’ordre en nombre impressionnant, se sont positionné entre le carré de tête et le début du reste de cortège, et marchaient face à la foule en frappant leurs boucliers et en criant des provocations aux manifestants, avant de charger pour parachever en frappant tout ce qu’ils pouvaient, le travail de sape.
En tête la CNT, les divers anarchistes ont répondu aux coups reçus et la bataille rangée a commencé.

A chaque carrefour, le même film se déroulait, provocations, charges, réponses et les manifestants plus nombreux que les forces de l’ordre arrivaient à les faire reculer.

Le cortège avançait donc par saccade. La situation a gravement dégénéré au niveau de l’intersection entre les boulevards Montparnasse et celui des invalides.
30 CRS ont voulu chargé 200 personnes déjà excédées qui les ont repoussées. Les CRS se sont retranchés rue de Sèvre devant l’hôpital Necker, en se protégeant des cars des manifestants que la police avaient fait garer à cet endroit.
Après l’affrontement le sol était jonché par les morceaux de pavés, des dizaines de cartouches de lacrymo et de bombes de désencerclement. Nos cars étant garés à cette intersection, nous avons été bloqués pendant plus d’une heure avant de pouvoir les rejoindre.

Ce n’est pas l’hôpital Necker qui a été pris pour cible mais les CRS qui étaient devant. Ils se sont protégés derrière nos cars.
Les copains de Limoges ont ainsi eu la mauvais surprise de constater qu’ils ne pourraient pas rentrer avec le leur, dont les vitres et le pare brise étaient en miettes...

Voilà, cela confirme que les consignes données sont bien de mettre de l’huile sur le feu pour à la fois discréditer le mouvement syndical, accuser le service d’ordre de la CGT de ne pas faire le nécessaire et d’avoir des positions ambigües... bref de tout faire pour dissuader les militants de manifester.

Avec le bordel pour rejoindre les cars, et pour ensuite sortir de Paris, nous sommes rentrés à 4 heures du matin !
Grosse journée, mais au moins, je pourrais expliquer à mes salariés comment ça se passe... on a toujours plus de crédit quand on était sur place... enfin j’espère. "

Muriel B.