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Cuba Si... Fidel Castro est mort - le VIRAGE HUMAIN - UR CGT Rhône-Alpes
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Cuba Si... Fidel Castro est mort

vendredi 2 décembre 2016

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Le prisme médiatique détenu par les financiers détourne, l’histoire et l’actualité aux profits d’une propagande capitaliste.

Comme, les médias, les gouvernants, les politiques, économistes et historiens on effacés de l’histoire Ambroise Croizat comme le fondateur de la sécurité sociale alors même que ce matin du 11 février 1961 un million de personnes ce sont donnés rendez-vous au cimetière du père Lachaise pour accompagner la dépouille du bâtisseur de la SECU du jamais vu depuis l’heure.

L’annonce de la mort de Fidel Castro, le 25 novembre, a ressuscité dans les médias français les joutes des « anti ».
Ces même média anti castriste font fis de la réalité actuelle de l’Amérique latine et de l’ingérence Américaine aux conséquences désastreuses qui en a fait le laboratoire des politiques néolibérales depuis le milieu des années 70.

« une Révolution socialiste « des humbles, par les humbles et pour les humbles » "Massée sur les trottoirs, la population de La Havane, Mayabeque, Matanzas, Cienfuegos et Villa Clara a accompagné avec respect, loyauté et fidélité le trajet victorieux de Fidel vers Santiago de Cuba.
De même qu’il y a 58 ans, le leader de la Révolution avance triomphant. Et comme alors, le peuple l’enveloppe d’affection et lui fait le serment de rester fidèle à son concept de Révolution.
Granma"

Une propagande en vaut bien une autre...

l’histoire se révèle bien plus complexe que le manichéisme de ces débats.
Et Cuba reste une exception en Amérique latine.

"Le destin politique de Castro, mort 60 ans jour pour jour après que le Granma et ses 82 révolutionnaires eurent quitté les côtes mexicaines à destination de la plage de Niquero afin de lancer l’insurrection de la Sierra Maestra, mérite toutefois que l’on complexifie un peu l’analyse en tenant compte du contexte régional et du temps long de l’histoire cubaine dans lequel il s’inscrivit."

"...Les conquêtes de la révolution en termes d’accès à la santé et à l’éducation - pour ne citer que ces exemples - résonnèrent de manière bien particulière dans ce « tiers-monde » alors qu’elles relevaient déjà d’une forme de normalité politique et sociale en Europe occidentale.
Ainsi, l’éradication de l’analphabétisme en l’espace de quelques années ne fut-elle pas exactement perçue comme un détail dans des pays comme le Brésil ou le Pérou où près de 40 % de la population âgée de plus de 15 ans ne savaient alors ni lire ni écrire.
Même chose pour la chute spectaculaire du taux de mortalité infantile, passé de 80 ‰ dans la première moitié des années 50 à 15 ‰ à la fin des années 70 (soit le taux de la France en 1973) contre 61 ‰ en moyenne pour l’ensemble de l’Amérique latine. Si ces conquêtes prirent du plomb dans l’aile dans les années 90, lorsque cessa brutalement la perfusion économique soviétique, et en prennent encore actuellement du fait de la crise vénézuélienne (puisque le Caracas de Chávez s’est substitué à Moscou au tournant des années 90 et 2000), elles n’en demeurent pas moins très symboliques dans une Amérique latine qui a été le laboratoire des politiques néolibérales depuis le milieu des années 70, qui présente la triste caractéristique d’être la région la plus inégalitaire du monde et où, presque partout, les services publics de l’éducation et de la santé ont dépéri au point de ne plus être fréquentés que par les classes les plus défavorisées des sociétés.

D’autre part, on ne saurait comprendre la figure politique tutélaire qu’incarne Fidel Castro pour des générations de Cubains et de Latino-Américains sans revenir sur la matrice avant tout nationaliste de sa révolution.

Dans le discours, ce nationalisme a d’abord pris la forme d’une dénonciation permanente de la mainmise nord-américaine sur Cuba depuis le début du XXe siècle, du bordel des Etats-Unis - entre casinos, drogue, prostitution et blanchiment d’argent sale - qu’était devenue La Havane dans les années 50 et de la nature ontologiquement contre-révolutionnaire de l’interventionnisme de Washington en Amérique latine - depuis le renversement du colonel Arbenz, démocratiquement élu, au Guatemala en 1954 jusqu’au soutien plus ou moins direct aux coups d’état instaurant les régimes de sécurité nationale (Brésil 1964, Uruguay et Chili 1973, Argentine 1976, etc.).
Dans la pratique, la résistance victorieuse au débarquement de la baie des Cochons d’avril 1961 confirma le statut de Cuba comme « premier territoire libre de l’Amérique » et érigea Fidel en un Bolivar des temps modernes aux yeux d’une large part des opinions latino-américaines.

Surtout, celui qui avait scellé son destin politique en juillet 1953 lors de l’attaque de la caserne de la Moncada a su capitaliser sur une tradition nationaliste bien différente à Cuba que dans le reste de l’Amérique latine.

Alors que l’immense majorité des Etats de la région sont nés dans les années 1810 et 1820 en ayant tout à inventer en termes d’identité nationale, l’île à sucre de l’Espagne est demeurée en marge de la vague des Indépendances, et a vu mûrir lentement un nationalisme décolonisateur - incarné par la figure de José Martí, instrumentalisée à n’en plus finir par la révolution de 1959 - très comparable à celui que connaîtront, au XXe siècle, de nombreux Etats africains et asiatiques.
Il y a de ce fait, dans la culture politique de Fidel Castro, quelque chose de comparable à celle de Hô Chi Minh qui fonde la particularité du nationalisme de la révolution cubaine et son improbable résilience jusqu’à nos jours - plus improbable encore, il faut bien le reconnaître, que celle du Nord-Vietnam en guerre contre la première puissance économique et militaire du monde.

C’est sans doute cette exceptionnalité qui a forgé la légende du fidélisme et qui explique, en partie du moins, les tensions entre l’aîné des Castro et Ernesto Guevara, ce dernier ayant privilégié l’internationalisme à l’aune d’une culture marxiste orthodoxe mais ayant disparu précocement en Bolivie dans une guérilla perdue d’avance..."

Olivier Compagnon "Libération Fidel, Extrait par-delà le Bien et le Mal"

Et Ferrat chantait Cuba Si

...Il dit j’ai vu Harlem il dit j’ai vu New-York Et noir j’avais si peur devant les chiens à nègres Que j’aurais préféré la peau rose d’un porc Collée sur ma poitrine maigre

Et maintenant Cubain pauvre comme Cuba Je suis libre et ma femme a la couleur du sable S’il n’y a rien à manger on danse la conga Mais les chiens restent sous la table

Cuba, Cuba, Cuba sí...

...Je sais que l’on peut vivre ici pour une idée Mais ceci est une autre affaire

Cuba, Cuba, Cuba sí