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Burn out : des avancées dans le rapport parlementaire

mardi 28 février 2017, par Lolo

Le 9 février dernier, le rapport parlementaire de Gérard Sébaoun et Yves Censi sur « L’épuisement professionnel ou burn out : une réalité en manque de reconnaissance » a été rendu public.

L’URA-CGT salue un rapport sérieux et documenté qui permet enfin d’avancer des propositions pour la reconnaissance des maladies psychiques professionnelles.

Il y a urgence car l’explosion des maladies psychiques professionnelles est liée aux organisations du travail et au Wall Street management mis en œuvre par les directions auxquels les salarié-e-s ou les prestataires indépendant-es sont assujetti-e-s :
décalage entre travail prescrit et travail réel, le passage d’une culture de moyens à une culture de résultat avec des objectifs toujours plus élevés et des délais toujours plus courts, une évaluation quantitative qui ignore trop souvent l’éthique et le sens du travail….

En l’absence de reconnaissance comme maladie professionnelle, le coût des maladies psychiques est porté exclusivement par la branche maladie de la sécurité sociale, ce qui déresponsabilise les employeurs.

Le rapport porte plusieurs propositions fondamentales :
- L’ouverture d’un chantier pour reconnaitre les maladies psychiques liées au travail comme maladie professionnelle, au-delà du Burn out, qui n’est qu’un syndrome.
- L’abaissement du taux d’incapacité permanente de 25 % à 10 % pour la reconnaissance des maladies professionnelles.
- Doter les infirmier-es du travail d’un statut de salarié-e protégé-e pour garantir leur indépendance vis-à-vis des employeurs.
- Permettre aux médecins du travail d’attester du lien entre la pathologie du/de la salarié-e et son travail.
Ceci nécessite que les employeurs n’aient plus la possibilité de porter plainte devant le conseil de l’ordre.
- Une séparation claire du temps de travail et du temps libre avec un droit effectif à la déconnexion.
Le rapport relève d’ailleurs que les dispositions du code du travail – aggravées par la loi Travail - en matière de forfaits jours ne garantissent pas la santé des salarié-es.

L’URA-CGT appelle les ministres du travail, de la santé et les députés à prendre toute la mesure du danger pour la santé publique de la financiarisation du travail et de l’explosion des maladies psychiques professionnelles.

L’URA-GT demande à ce que ces propositions soient mise en place sans délai pour avoir enfin une politique de prévention et de protection de la santé des travailleurs et travailleuses intellectuels.


Le rapport


La vidéo


En Savoir plus...

Le rapport :

Lire le rapport parlementaire...

Le burn-out, c’est quoi ?

Le burn-out, ou épuisement professionnel dans notre belle langue, est une maladie en recrudescence dont l’origine est toujours liée au travail.
Littéralement, le burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer ». Comme nous ne parlons de combustion façon Jeanne d’Arc, il s’agit d’une brûlure de l’âme et de l’esprit.
Hélas, comme le corps et l’esprit sont deux choses intimement liées, et qu’un déséquilibre de l’un finit rapidement par impacter sur l’autre, le burn-out va également créer des problèmes physiques.
Corps, esprit, âme, y a-t-il quelque chose que le burn-out n’agresse pas ?

Et ça fait quoi, un burn-out ?

Les risques sont potentiellement élevés.
De plus en plus de gens sont touchés par le burn-out, de par la mondialisation, la fragilisation du marché de l’emploi, l’augmentation du coût de la vie, et de manière globale l’augmentation du stress dans nos vies.
Le burn-out est à prendre au sérieux avant qu’il soit hors de contrôle, car il peut faire un certain nombre de dégâts.
- Une liste non exhaustive qui devrait vous convaincre que le burn-out n’est pas à prendre à la légère :

- Des douleurs physiques : douleur au dos, TMS (troubles musculo-squelettiques), maux de tête, douleurs musculaires…
- Un manque d’énergie chronique qui empêche de faire quoi que ce soit
- Des changements du comportement : irritabilité, cynisme, indifférence totale, perte des valeurs et principes…
- Une perte de l’appétit et du poids ou à l’inverse, la nourriture comme réponse au stress, des aigreurs d’estomac, une perte du sommeil
- Une perte de la confiance en soi, un repli sur soi-même, un rejet des autres
- Une baisse du moral entraînant crises de larme, dépression, augmentation de la consommation d’alcool, de tabac, de stupéfiants, voire même automutilation…
- Et dans le pire des cas, un gros pétage de plombs, qui peut mener au suicide, comme on a pu le voir chez France Telecom, ou à des actes extrêmes : violence envers des collègues ou un supérieur hiérarchique pouvant même aller jusqu’au meurtre.