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Le travail est malade et les salariés en payent le prix fort

mercredi 24 avril 2013, par Lolo

Un rapport parlementaire fait état du coût croissant des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale et propose des solutions pour endiguer la hausse des arrêts de travail.

Les indemnisations sont passées de 180 millions de journées indemnisées à 205 millions en dix ans (2000-2011).

Même si ces dépenses ont légèrement reculé en 2012, leur coût est passé de 4,3 milliards d’euros en 2000 à 6,3 milliards d’euros en 2011, soit une hausse de 46%.

Et la répartition « révèle que 5% du nombre des arrêts sont constitués d’arrêts longs, de plus de six mois, qui concentrent 40% des dépenses d’indemnités journalières.

A contrario, 76% du nombre des arrêts sont prescrits pour une durée inférieure à trente jours mais ne représentent que 20% des dépenses », souligne l’enquête.

La pression qui augmente dans les entreprises, au nom de la rentabilité explique en partie cette augmentation.
De plus on ne peut nier l’impact à terme du rallongement de la durée de vie au travail et donc l’incidence de pathologies de plus en plus lourdes, de même que les liens qu’il convient de formaliser entre conditions de travail et état de santé".

L’évolution "préoccupante" depuis 2000 des dépenses liées aux arrêts maladie nécessite une amélioration des contrôles et une meilleure prise en compte de la santé au travail, souligne un rapport parlementaire publié mercredi.

Pour améliorer le système d’indemnisation, le rapport parlementaire propose plusieurs solutions :

- Étendre les contrôles aux arrêts de moins de sept jours
- Elle suggère notamment d’étendre le champ des contrôles aux arrêts de moins de sept jours, alors que 90% de ces contrôles concernent des arrêts longs, de plus de 45 jours.
- Les médecins gros prescripteurs d’arrêts pourraient être mieux ciblés et les contrôles généralisés dans la Fonction publique, selon Bérengère Poletti.
Améliorer la sensibilisation aux maladies professionnelles
- Le rapport pointe par ailleurs "le niveau trop élevé des dépenses liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles". Après une tendance à la baisse observée depuis 1970, les accidents ont été plus nombreux en 2011, par rapport à 2010 (+1,7%). Les maladies professionnelles prises en charge par la CNAMTS (Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés) sont aussi en hausse sur ces deux années (+8,6%).
- La Mecss préconise donc d’accentuer la prévention des risques professionnels et d’améliorer la sensibilisation aux maladies professionnelles. Il s’agirait notamment d’appliquer les dispositions déjà prévues et d’inciter à la mise en place de plans ou d’accords sur le sujet dans les entreprises.
- Indemniser les arrêts de travail pour l’intérim et le temps partiel
- Les parlementaires suggèrent également d’étendre l’indemnisation des arrêts de travail aux salariés qui n’y ont pas accès, soit parce qu’ils n’ont pas assez travaillé, soit parce qu’ils n’ont pas assez cotisé.

En savoir plus :
Lire le rapport de la MECSS...
Voir la vidéo CGT- transformer le travail...
Lire le tract mourir ou vivre de son travail...