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Des Outils pour comprendre

mercredi 17 juillet 2013, par Lolo

Le coût du capital et son surcoût

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Le coût du capital et son surcoût


« Compétitivité » : un cadeau de 20 milliards aux patrons Qui paye ? Les salariés ? Les retraités ? Les services publics ?

Sous couvert de compétitivité, et pour faire face au problème majeur que serait le « coût du travail », le Gouvernement vient d’annoncer, dans la foulée du rapport Gallois, une série de mesures : 20 milliards pour les entreprises privées sous forme de crédit sur l’impôt sur les sociétés (à terme, l’Etat va faire chaque année un chèque de 20 milliards aux entreprises (10 milliards dès 2014).

Qui paye ?

- une nouvelle baisse des dépenses publiques de 10 milliards d’euros : baisse de l’investissement public (pour favoriser l’investissement privé) salaires sacrifiés, postes menacés, au final des services publics étouffés, ce qui ouvre la voie à la privatisation
- hausse de la TVA : 7 milliards d’euros
- « fiscalité écologique » : 3 milliards d’euros. On ignore tout des modalités mais pas de la finalité (boucher pour partie le trou que le Gouvernement est en train de creuser)

Ces mesures se caractérisent par leur injustice : moins de moyens (transports, hôpitaux, équipements scolaires et universitaires…..) pour les usagers des services publics, plus d’impôts (qui frapperont essentiellement les couches populaires et moyennes, en épargnant les privilégiés).

La TVA est un impôt régressif qui frappe beaucoup plus, au prorata des revenus, les plus modestes.

« Je la considère inopportune, injuste, infondée et improvisée. C’est inopportun d’augmenter la TVA au moment même où la croissance se ralentit, de l’aveu même du Premier Ministre. C’est infondé : la compétitivité n’est qu’un faux prétexte. Ce n’est pas en baissant les cotisations patronales de quelques points qu’il y aura quelque progrès que ce soit dans notre commerce extérieur. Il y a là un mauvais prétexte pour une mauvaise cause ». François Hollande Brest 30 janvier 2012

Les « charges » sociales, une notion douteuse

L’affichage est de restaurer les marges des entreprises pour leur permettre d’investir et d’embaucher et pour cela de réduire le "coût" du travail via les « charges » sociales qui seraient la source de tout le mal.
- Les « charges » sociales sont en fait des « cotisations » sociales sans lesquelles l’économie et la société ne sauraient subsister : l’assurance maladie par exemple permet aux salariés de se soigner et ainsi aux entreprises de disposer d’une main d’œuvre en état de travailler.
- les réductions des « charges » sociales ne sont pas un fait nouveau : 30 milliards d’euros de réduction de « charges » sont compensées par le budget de l’Etat , c’est-à-dire les contribuables , les résultats sur l’emploi et l’investissement ne sont guère visibles.
La France est elle "plombée" par les coûts salariaux et les « charges » sociales ?

La France a un coût du travail dans la moyenne de l’Europe à 27, inférieur notamment au coût allemand.

Le coût du capital explose

Pour les entreprises non financières (industrielles et de services), leur masse salariale a été multipliée par 3,6 depuis une trentaine d’années. Pendant ce temps, la somme des dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par 20.

Dans ces entreprises non financières en 2011, le coût du capital est deux fois plus élevé que les cotisations patronales : 307 milliards d’euros de dividendes et intérêts aux banques pour 154 milliards d’euros de cotisations sociales.

Et c’est cela qui plombe l’investissement


Les dividendes s’envolent et les investissements stagnent ou baissent

Cela va changer avec les mesures annoncées ?

- L’argument affiché est de celui de la compétitivité, notamment sur le plan des exportations. Mais toutes les entreprises sont bénéficiaires des mesures prises, même celles qui ne sont pas exposées à la concurrence internationale, comme la grande distribution : quel rapport avec la « compétitivité » ?

La concurrence internationale est un prétexte : l’enjeu, en vérité, c’est moins pour le travail, plus pour le capital.

- Par contre, l’accentuation de la politique d’austérité (services publics sacrifiés, hausse de la TVA) va peser encore plus sur la demande, et l’économie française fonctionne à 80 % sur la consommation intérieure
- Les perspectives de vendre pour les entreprises se réduisant, il est surréaliste de croire qu’elles vont embaucher et investir.
- Se rattraperont elles à l’exportation ? c’est plus que douteux alors que tous les pays européens pratiquent la même politique de dumping social avec les mêmes effets : chute de la demande, et donc de l’activité.

- Au final le dispositif pris enlève 20 milliards (investissements publics, capacité de consommation des couches populaires et moyennes) qui auraient soutenu l’activité, pour les offrir au patronat , sans aucune contrainte sur leur utilisation :il est à craindre que cette manne financière alimente au final des placements spéculatifs (accentuant encore l’instabilité financière ) ou finance des nouvelles délocalisations vers d’autres cieux .

L’histoire des années 30, l’expérience des pays de l’Europe du sud montrent bien que ces politiques de déflation, de dumping social dont le dispositif annoncé n’est qu’un élément, ouvrent la voie à la récession, à une accentuation dramatique de la crise.


Et le coût du capital ?


J.-L. Mélenchon - France Info 7.11.2012 par lepartidegauche